Lyon, février 2026, la ville s'arrête de respirer sous le choc d'une violence qui rappelle les heures les plus sombres de l'histoire politique française. L'agression mortelle dont a été victime Quentin Deranque près de l'Institut d'études politiques (Sciences Po) ne constitue pas seulement un fait divers sordide, mais le point de bascule d'une crise qui dépasse désormais le simple cadre judiciaire. Cet événement tragique a agi comme un catalyseur, poussant l'État à sortir une arme juridique inusitée de son arsenal : le délit de reconstitution de ligue dissoute, visant le groupuscule d'ultragauche La Jeune Garde. Au-delà de l'émotion légitime suscitée par la mort d'un jeune homme de 23 ans, c'est toute la question de l'encadrement des groupes radicaux et de leur survie dans les ombres de la République qui se pose désormais avec une acuité brutale.

Lyon, février 2026 : l’après-midi sanglant de Quentin Deranque
Tout commence par une altercation qui dégénère avec une rapidité effrayante, transformant une zone universitaire en scène de crime. Ce jeudi 12 février 2026, vers 18 heures, l'ambiance autour du campus de Sciences Po Lyon est tendue, chargée d'électricité politique à la suite d'une conférence animée par Rima Hassan, figure de La France Insoumise. C'est dans ce contexte volatile que Quentin Deranque, militant connu du collectif identitaire Némésis, se retrouve pris au piège. Les images d'amateurs qui circuleront ensuite montrent une violence d'une rare sauvagerie : coincé entre une benne à déchets et un immeuble, le jeune homme est violemment frappé par plusieurs assaillants encagoulés. Coups de poing, coudes, coups de pied à la tête : la brutalité laisse peu de chance à la victime, plongée dans un coma profond dont elle ne s'éveillera pas.
Une sortie de conférence qui tourne au drame
Les circonstances exactes de l'agression font l'objet d'une enquête méticuleuse, mais le scénario fatal se dessine rapidement. Quentin Deranque, qui se trouvait aux alentours de l'établissement, a été identifié et ciblé par un groupe organisé. La localisation précise de l'agression, dans un espace exigu et discret, suggère une traque préméditée plutôt qu'une simple bagarre de rue dégénérée. Les enquêteurs notent que plusieurs silhouettes sont intervenues, agissant de concert, ce qui exclut l'hypothèse d'un acte isolé. Transporté d'urgence à l'hôpital, Quentin Deranque succombera à ses blessures deux jours plus tard, le samedi 14 février 2026, laissant derrière lui une famille dévastée et une question politique explosive. Ce passage à l'acte mortel marque une escalade dans les affrontements entre mouvances radicales opposées.
Le lien immédiat avec les militants antifascistes
Dès les premières heures de l'enquête, les liens avec la sphère militante antifasciste, et plus spécifiquement avec La Jeune Garde, apparaissent au grand jour. Les services de police, aidés par l'analyse des vidéos de surveillance et des témoignages, remontent la filière des assaillants présumés. La conférence de Rima Hassan a servi de point focal, attirant à la fois des partisans et des opposants, créant un mélange explosif. Rapidement, la sous-direction antiterroriste (SDAT) est sollicitée pour apporter son concours logistique et technique, témoignant de la gravité exceptionnelle retenue par le pouvoir public. Ce drame n'est pas seulement traité comme une rixe mortelle, mais comme une manifestation possible de terrorisme intérieur ou de violence organisée à caractère idéologique. Pour en savoir plus sur le profil des individus interpellés et leurs connexions avec l'ultragauche, l'enquête révèle des liens inquiétants.

La Jeune Garde : de la dissolution estivale aux ombres de la politique
Pour comprendre la réaction étatique actuelle, il est indispensable de s'intéresser à la cible principale : La Jeune Garde. Ce n'est pas un groupe fantôme né spontanément après les événements de février, mais une organisation structurée, connue des services de renseignement et déjà sanctionnée administrativement. L'histoire mouvementée de ce groupuscule offre un éclairage crucial sur la porosité qui peut exister entre la rue et le pouvoir institutionnel, et sur la difficulté pour l'État de neutraliser des structures mouvantes capables de se régénérer après une dissolution officielle. L'affaire prend une résonance politique particulière lorsque l'on sait que le fondateur du groupe siège désormais au Palais-Bourbon.
Un groupuscule d’ultragauche fondé à Lyon
Née en 2018 des cendres d'autres mouvements lyonnais, La Jeune Garde s'est rapidement imposée comme une des bêtes noires du paysage militant. Fondée par Raphaël Arnault, alors jeune militant lyonnais passé par le Nouveau Parti anticapitaliste, l'organisation se définit comme antifasciste et révolutionnaire, opérant sur le terrain de l'ultragauche. Contrairement à certaines confusions médiatiques initiales, il ne s'agit pas d'un groupuscule d'extrême droite, mais bien d'une force d'action radicale située à l'opposé du spectre politique, adepte de l'affrontement direct avec les adversaires qu'elle désigne comme fascistes. Sa violence supposée et son activisme lui ont valu les foudres de l'exécutif. Le 12 juin 2025, un décret gouvernemental a officiellement prononcé sa dissolution, une mesure justifiée par la provocation à la violence et la haine que le groupe entretenait. La direction du groupe a tenté de s'opposer à cette décision devant le Conseil d'État, arguant d'une atteinte à la liberté de réunion, mais le combat judiciaire s'annonce long et incertain.

Des collaborateurs parlementaires au cœur des suspicions
Le véritable séisme politique survient lorsque l'on découvre que la violence de rue est connectée, par quelques fils humains, aux plus hautes instances de la représentation nationale. Parmi les personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque, deux noms font particulièrement bruire : Jacques-Elie Favrot, surnommé « Jef », et Robin C. (aussi identifié sous le pseudonyme de Robin Michel). Ces deux individus ne sont pas de simples militants de base ; ils occupent respectivement les postes de collaborateur parlementaire et d'attaché parlementaire au service de Raphaël Arnault, devenu entre-temps député La France Insoumise du Vaucluse. Cette proximité troublante entre des collaborateurs d'un élu de la République et des activités illégales de maintien de l'ordre par la force a conduit Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, à suspendre immédiatement leurs accès au Palais-Bourbon. Cette situation met en lumière un malaise grandissant : comment une démocratie peut-elle tolérer que des assistants de députés soient soupçonnés de participer à des actions de commandos de rue ? L'attitude de Jean-Luc Mélenchon, qui refuse de lâcher son député, ajoute encore à la complexité politique du dossier.

1936 : la loi antifasciste ressuscitée pour traquer les militants violents
L'arsenal juridique français possède des instruments surprenants, parfois endormis pendant des décennies avant d'être réactivés par l'actualité brûlante. C'est le cas du délit de « reconstitution de ligue dissoute », une notion qui puise ses racines dans une période sombre de l'histoire de France : les années 1930. Utiliser cette loi aujourd'hui pour poursuivre des militants d'ultragauche dans le contexte de l'affaire Deranque n'est pas anodin. Cela témoigne de la volonté de l'État de traiter la violence politique moderne avec des outils lourds, hérités d'une époque où la République elle-même semblait menacée par des formations paramilitaires. C'est un passage à la vitesse supérieure dans la répression du militantisme violent.
Des émeutes de 1934 au Code pénal d’aujourd'hui
Il faut remonter au 6 février 1934 pour comprendre l'origine de ce texte. Ce jour-là, des ligues d'extrême droite tentent d'investir le Palais-Bourbon, provoquant une crise institutionnelle majeure qui aura raison du gouvernement en place. En réaction, le Parlement vote la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées. L'objectif était clair : empêcher les formations politiques de se constituer en armées privées capables de défier l'autorité de l'État. Bien que la loi originale ait été abrogée par la suite, son esprit n'a jamais disparu. Elle a ressurgi sous une forme modernisée et codifiée. Aujourd'hui, les principes de 1936 se trouvent intégrés à l'article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure, qui définit les critères de dissolution, et surtout à l'article 431-15 du Code pénal, qui définit les sanctions pénales. C'est ce texte précis qui est utilisé aujourd'hui pour tenter de piéger les membres de La Jeune Garde qui tenteraient de poursuivre leurs activités malgré la dissolution de juin 2025.
Le délit de reconstitution : 3 ans et 45 000 euros d’amende
Concrètement, de quoi parle-t-on ? Le Code pénal français punit sévèrement « le fait de participer au maintien ou à la reconstitution, ouverte ou déguisée, d'une association ou d'un groupement dissous ». La formulation « ouverte ou déguisée » est ici cruciale : elle signifie que les anciens membres n'ont pas besoin de reformer officiellement le groupe sous le même nom pour être poursuivis. S'ils continuent d'agir en réseau, de s'organiser militairement ou de porter des signes distinctifs communs, ils tombent sous le coup de la loi. La sanction encourue est lourde : trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Si les enquêteurs parviennent à qualifier la structure reconstituée de « groupe de combat », les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. C'est ce spectre punitif qui plane désormais sur les épaules des militants qui pensaient pouvoir continuer l'action politique « autrement ». Pour approfondir la compréhension de la violence politique qui a conduit à cette activation judiciaire, l'analyse de la rixe comme arme politique est indispensable.
« Velléités de reconstitution » : ce que le renseignement a vu avant le drame
L'utilisation de la loi de 1936 dans cette affaire n'est pas une improvisation soudaine suite au décès de Quentin Deranque. Au contraire, les éléments d'enquête suggèrent que l'État avait déjà son radar braqué sur les tentatives de résurgence du groupe lyonnais. La violence de février n'a fait que catalyser un processus judiciaire déjà en gestation. La surveillance des mouvances radicales est une activité constante et complexe, et le cas de La Jeune Garde illustre parfaitement la difficulté pour les services de renseignement de distinguer le militantisme légal (bien que bruyant) de la reconstitution illégale d'une structure dissoute.
La surveillance des cinq territoires identifiés
Bien avant la tragédie de février, les rapports des services de renseignement faisaient déjà état de « velléités de reconstitution » de La Jeune Garde. Le terme est important : il ne s'agissait pas encore d'un groupe pleinement opérationnel et structuré, mais de signes avant-coureurs, de têtes qui ressortaient, de réseaux qui se retissaient. Les informations révélées montrent que cette surveillance s'étendait sur cinq territoires distincts, prouvant que le phénomène n'était pas cantonné à la seule ville de Lyon. Malgré le décret de dissolution du 12 juin 2025, les anciens membres ont continué à agir en réseau, participant à des manifestations, organisant des actions militantes et maintenant une cohésion de groupe qui contredisait l'injonction administrative de cesser toute activité. C'est cet élément matériel — la persistance de l'organisation — qui constitue le fondement du délit de reconstitution. L'État doit prouver que les liens n'étaient pas seulement amicaux ou politiques, mais constitutifs d'une structure opérante similaire à celle qui a été dissoute.

L'appel de Bruno Retailleau pour durcir le volet pénal
Sur le plan politique, l'affaire a offert une tribune à l'opposition de droite, particulièrement à Bruno Retailleau. Président des Républicains et ancien ministre de l'Intérieur, il a été l'un des premiers à appeler publiquement à l'utilisation du volet pénal de la loi de 1936. Dans des déclarations virulentes, il a exprimé son étonnement que le gouvernement n'ait pas saisi plus tôt la justice pour ce motif, déclarant que « La Jeune Garde se reconstitue » devant les caméras. Il y a là une certaine ironie politique : c'est Bruno Retailleau lui-même, lorsqu'il était à la tête de Beauvau, qui avait initié et signé le décret de dissolution administrative l'été précédent. Aujourd'hui, il presse l'exécutif d'aller au bout de la logique en transformant la sanction administrative en poursuites pénales individuelles. Cette pression médiatique a sans doute accéléré la décision du gouvernement de transmettre le dossier au parquet de Paris.

De la rue au Palais-Bourbon : l’embarras politique pour La France Insoumise
L'enjeu ne se limite pas au sort des suspects inculpés pour homicide. L'affaire Deranque est devenue une bombe à retardement pour La France Insoumise (LFI), le parti auquel Raphaël Arnault appartient. La proximité entre le fondateur de La Jeune Garde et les suspects place les députés insoumis dans une position inconfortable, contraints de naviguer entre la condamnation nécessaire de la violence et la défense de l'un des leurs, accusé d'être le mentor spirituel d'un groupe violent. Cette tension reflète les difficultés plus larges de la gauche radicale à gérer ses franges les plus radicales sans se compromettre aux yeux de l'opinion publique.
La réunion de crise à l’Élysée : une réponse musclée
Face à la gravité de la situation et à la polarisation du débat public, l'exécutif a réagi fermement. Le 24 février 2026, une réunion de crise s'est tenue à l'Élysée sous l'autorité directe d'Emmanuel Macron. Autour de la table se trouvaient des poids lourds du gouvernement : Laurent Nuñez (ministre de l'Intérieur), Gérald Darmanin (ministre de la Justice) ainsi que les directeurs des principaux services de renseignement. L'ordre du jour était clair : faire le point sur « les groupes d'action violente qui sévissent et [qui] ont des liens avec les partis politiques ». L'implication des collaborateurs parlementaires d'un député LFI dans une affaire de meurtre ne pouvait être ignorée. Lors de cette réunion, des instructions précises auraient été données pour lancer des procédures de dissolution visant cinq « émanations » locales identifiées comme des succursales de La Jeune Garde. C'est une manière pour l'exécutif de montrer que la tolérance est désormais nulle pour les structures qui continuent d'agir dans l'ombre malgré la suppression de leur personnalité juridique.
La stratégie de défense et le risque de jurisprudence
Face à cette offensive judiciaire, La France Insoumise se doit de définir une stratégie de défense claire, sans se laisser piéger par la solidarité aveugle. Si le délit de reconstitution de ligue dissoute est retenu et aboutit à des condamnations fermes, cela créera une jurisprudence majeure. Cela signifierait que le lien entre un ancien groupe dissous et des actions individuelles peut être établi juridiquement de manière quasi-automatique, rendant la vie des militants radicaux extrêmement précaire. Pour LFI, le danger est double : juridique, si le parti est lui-même soupçonné d'avoir couvert ou encouragé ces activités ; et politique, si l'opinion publique associe durablement le parti à la violence de rue. Le parti doit donc prouver qu'il existe une étanchéité entre son action parlementaire légale et les actions de commandos de ses sympathisants. Cependant, les lignes restent floues, notamment à la lumière de l'appel au calme de Macron qui a paradoxalement ravivé les tensions, laissant craindre une radicalisation du discours des deux côtés.
Un précédent juridique majeur pour endiguer la violence extrémiste
Au-delà du cas spécifique de La Jeune Garde et de la tragédie lyonnaise, l'activation judiciaire du délit de reconstitution de ligue dissoute marque un changement de paradigme dans la stratégie de l'État face aux extrémismes. Longtemps, la dissolution administrative a constitué l'arme absolue, pensée comme suffisante pour disperser les groupuscules violents. Pourtant, l'actualité récente et sanglante de février 2026 vient briser cette illusion en démontrant les limites de l'approche purement administrative. Si un groupe peut techniquement cesser d'exister sur papier au lendemain d'un décret, mais continuer d'opérer physiquement dans la rue via ses militants, la dissolution n'est qu'une coquille vide. C'est ici que la répression pénale intervient comme le complément indispensable : elle ne vise plus l'entité morale, mais l'individu qui choisit de perpétuer l'interdit. Ce passage de la sanction collective à la responsabilité individuelle vise à créer un précédent dissuasif majeur pour l'ensemble de la sphère politique radicale, quelle que soit son bord.
L'efficacité réelle des dissolutions sous le microscope
Cette affaire soulève avec force la question de l'efficacité réelle des dissolutions. Depuis 1936, la France a usé de ce procédé à de multiples reprises, avec des résultats mitigés. Pour de nombreux observateurs, la dissolution est souvent perçue comme un outil de communication politique, une manière pour l'État de « montrer qu'il agit » face à l'opinion publique, sans pour autant neutraliser durablement la menace sur le terrain. Les militants radicalisés, rompus au clandestin et à la mobilité, savent adapter leurs structures. Ils changent de noms, de sigles, ou opèrent via des réseaux informels plus difficiles à saisir juridiquement. En ciblant désormais les individus pour le délit de reconstitution, l'État tente de colmater cette brèche. Il s'agit de signifier que la surveillance ne s'arrête pas au décret publié au Journal officiel, mais qu'elle se prolonge dans l'ombre, traquant les moindres signes de vie de l'organisme interdit. C'est une reconnaissance tacite que la violence politique est une hydra : couper une tête ne suffit pas si le corps reste vivant.

Le risque d'une jurisprudence à double tranchant
Cependant, l'utilisation de cette loi de 1936, conçue à l'origine pour lutter contre des milices paramilitaires structurées, sur des militants politiques modernes soulève des interrogations juridiques et démocratiques. Si la justice parvient à établir que la simple poursuite d'un activisme communautaire, sans hiérarchie formelle ni uniforme, constitue une reconstitution déguisée, le risque de glissement sémantique est réel. Cela pourrait ouvrir la voie à une criminalisation accrue de l'engagement militant, dès lors que celui-ci s'approche de la frontière de la violence. Pour le gouvernement, l'enjeu est de trouver le juste équilibre entre la nécessité impérieuse de protéger l'ordre public et la garantie des libertés constitutionnelles d'association et de manifestation. L'affaire de la Jeune Garde servira de test, et potentiellement de jurisprudence, pour les années à venir : elle définira jusqu'où l'État peut aller pour empêcher les fantômes des ligues dissoutes de hanter la République.
Conclusion
L'affaire de la mort tragique de Quentin Deranque et l'activation parallèle du délit de reconstitution de ligue dissoute marquent un tournant dans la gestion de la violence politique en France. L'utilisation d'une loi datant de 1936 pour traquer les membres d'un groupuscule d'ultragauche dissous en 2025 démontre la volonté de l'État de ne pas se contenter de mesures administratives superficielles. Le passage de la dissolution administrative à la punition pénale des individus constitue un changement d'échelle significatif. Environ 30 % des 161 décrets de dissolution signés depuis 1936 l'ont été sous le quinquennat actuel, chiffre qui illustre une politique de fermeté accrue, touchant majoritairement l'extrême droite, mais désormais aussi l'ultragauche.
Cependant, au-delà des calculs politiques et des stratégies judiciaires, c'est le message envoyé à la jeunesse militante qui importe. Les événements de Lyon ont montré que la violence ne paie pas et que l'engagement politique, même passionné, possède des limites infranchissables aux yeux de la loi. La famille de la victime, d'ailleurs, a dû intervenir publiquement pour dénoncer la récupération de leur deuil par les extrêmes. La justice va devoir trancher sur la culpabilité des assassins présumés, mais aussi sur la nature de l'organisation qui les a vus naître. Si la reconstitution de La Jeune Garde est juridiquement établie, cela enverra un signal fort à toutes les tentatives de contournement de la République : la dissolution n'est pas une pause, c'est une fin. L'État, par la voix de la loi de 1936, affirme ici que l'ordre public prime sur l'idéologie, aussi radical soit le débat politique.