Le porte-avions Charles de Gaulle à quai à Toulon en mai 2024.
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11 juillet 2026 : le retour du Charles de Gaulle à Toulon après 166 jours

Le 11 juillet 2026, le porte-avions Charles de Gaulle retrouve Toulon après 166 jours de mission, marqués par une extension géopolitique sous tension.

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Il est 10 heures, ce samedi 11 juillet 2026, quand la silhouette grise du Charles de Gaulle apparaît dans la rade de Toulon. Sur le quai, une foule compacte retient son souffle. Pancartes « Welcome », ballons bleu-blanc-rouge, enfants juchés sur les épaules des parents : le décor est planté pour des retrouvailles attendues depuis 166 jours. Quand la passerelle touche enfin le quai, les applaudissements crépitent, et les premières étreintes effacent cinq mois et demi d’absence.

Le porte-avions Charles de Gaulle à quai à Toulon en mai 2024.
Le porte-avions Charles de Gaulle à quai à Toulon en mai 2024. — Matgrt / CC BY 4.0 / (source)

« On est tous contents de rentrer à la maison », lâche le second-maître Oriana, sourire fatigué mais yeux brillants. Comme elle, 2 000 marins foulent la terre ferme après une mission qui les a menés du détroit d’Ormuz jusqu’au golfe d’Oman. Mais derrière l’émotion collective, une fatigue accumulée affleure. Ces retrouvailles sont aussi le soulagement d’une mission prolongée sous tension, qui a mis à rude épreuve les hommes et le navire.

Des retrouvailles chargées d’émotion sur le quai de Toulon

Les images parlent d’elles-mêmes. Des marins courant vers leurs proches, des enfants sautant dans les bras de leur père en uniforme, des grands-parents essuyant leurs larmes. Une foule imposante s’était massée dès l’aube sur le port militaire, certains arrivés la veille pour être sûrs d’être aux premières loges.

Des proches derrière les barrières, agitant des pancartes et applaudissant le retour des marins du Charles de Gaulle.
Des proches derrière les barrières, agitant des pancartes et applaudissant le retour des marins du Charles de Gaulle. — (source)

« Les trois dernières semaines ont été assez hard » : la fatigue derrière le sourire

Oriana a 24 ans. Elle est second-maître à bord du Charles de Gaulle, et elle ne cache rien. « Je me suis sentie utile, je me suis engagée pour ça, mais là j’en ai marre, les trois dernières semaines ont été assez hard », confie-t-elle au Figaro. Cette phrase résume à elle seule le paradoxe de cette mission : la fierté du devoir accompli, oui, mais aussi l’épuisement d’un engagement prolongé bien au-delà du calendrier prévu.

Les images des marins courant vers leurs proches donnent le change. Mais Oriana incarne cette génération de jeunes engagés qui découvrent la réalité brutale des longues missions. Elle voulait servir, elle a servi. Mais l’extension de mission, décidée au plus haut sommet de l’État, a transformé un exercice planifié en opération prolongée. Et les trois dernières semaines, celles où le retour se fait attendre, où chaque jour supplémentaire pèse sur le moral, ont été les plus dures.

Des pancartes « Welcome » aux larmes : les images qui tournent déjà sur TikTok

À peine les premiers marins ont-ils posé le pied à quai que les téléphones sortent des poches. Les vidéos des retrouvailles explosent sur TikTok, Instagram et X. On y voit des enfants courir vers leur père en uniforme, des couples s’embrasser longuement, des grands-parents essuyer leurs larmes. Le hashtag #CharlesDeGaulle cumule des millions de vues en quelques heures.

Ce phénomène viral n’a rien d’anodin. Les images militaires, surtout quand elles montrent le retour des soldats, possèdent une puissance émotionnelle rare. Elles racontent une histoire universelle : celle de l’absence et du retour, du danger et du soulagement. La Marine nationale, qui soigne sa présence sur les réseaux sociaux, voit dans ces partages une caisse de résonance spontanée.

L’émotion partagée des familles et des proches

Sur le quai, des grands-parents venus de la France entière attendent. Certains ont fait six heures de route depuis Nantes, d’autres sont arrivés de Lyon la veille. Les enfants portent des petits drapeaux tricolores, les conjoints ont préparé des banderoles. Quand les premiers marins descendent la passerelle, les cris fusent. Des larmes coulent. Des corps s’étreignent. Pendant quelques minutes, le temps semble suspendu.

Le contre-amiral Thibault de Possesse qualifie cette mission de « deuxième mission la plus longue du Charles de Gaulle » depuis son entrée en service il y a 25 ans. Un record dont personne à bord ne se serait passé. Mais pour les familles, l’essentiel est ailleurs : le père, la mère, le fils ou la fille est de retour.

166 jours et 6 000 km : le détour géopolitique qui a changé la vie des marins

Le Charles de Gaulle n’aurait jamais dû rester si longtemps loin de Toulon. Parti fin janvier pour l’exercice Orion dans l’Atlantique Nord, le groupe aéronaval devait rentrer fin mai. Mais le 17 juin, la signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, sous médiation pakistano-qatarie, met fin à la guerre qui a bloqué le détroit d’Ormuz. Trop tard pour le Charles de Gaulle, déjà redéployé en urgence vers la Méditerranée orientale et le golfe d’Oman.

L’extension de mission au cœur de la crise du Golfe

Le Charles de Gaulle à quai, prêt pour les retrouvailles.
Le Charles de Gaulle à quai, prêt pour les retrouvailles. — (source)

La chronologie est implacable. En janvier, le Charles de Gaulle appareille pour Orion, un exercice majeur de l’OTAN dans l’Atlantique Nord. Mais la guerre éclate entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est bloqué. Les prix du brut flambent. La France, comme une quarantaine d’autres nations, doit réagir.

Le groupe aéronaval est redirigé vers la Méditerranée orientale, puis vers le golfe d’Oman. Pendant des semaines, les Rafale du Charles de Gaulle patrouillent, dissuadent, protègent. La France maintient également des moyens de déminage : deux chasseurs de mines, deux frégates et un avion de patrouille maritime. La mission est qualifiée de « purement défensive », mais personne à bord n’ignore que le risque est réel. Quand l’accord de médiation est signé le 17 juin, la décision de ramener le porte-avions est prise au sommet de l’État. Emmanuel Macron annonce le retour le 3 juillet sur X. Mais le mal est fait : l’extension a duré un mois et demi de plus que prévu.

3 400 catapultages, 5 000 heures de vol : le bilan opérationnel record

Les chiffres donnent le vertige. Selon Franceinfo, les pilotes ont réalisé 3 400 catapultages et plus de 5 000 heures de vol. Le groupe aéronaval a parcouru 6 000 kilomètres en moins d’une semaine pour se redéployer. « Mission extraordinaire au sens propre du terme », résume le capitaine Guillin.

Ce rythme soutenu a éprouvé le matériel. Les catapultes, les brins d’arrêt, les réacteurs des Rafale : tout a tourné à plein régime. Les équipes de maintenance, déjà réduites par la taille de l’équipage, ont dû travailler jour et nuit pour maintenir la disponibilité des aéronefs. Le Charles de Gaulle, mis en service il y a 25 ans, a montré qu’il pouvait encaisser. Mais à quel prix ?

Le navire « au bout du rouleau » et l’été sacrifié pour la maintenance

« Le navire est au bout du rouleau », écrit sans détour Lignes de Défense le 5 juillet. Après cinq mois et demi de mer, le Charles de Gaulle a besoin d’une maintenance lourde. Chaque été, le porte-avions entre en arrêt technique pour une durée d’environ trois mois. Cette maintenance est cruciale pour garantir sa disponibilité opérationnelle les années suivantes.

Mais l’extension de mission repousse ce calendrier. Résultat : l’été 2026 sera sacrifié. Les techniciens devront travailler dans l’urgence, avec le risque de décaler les prochains cycles d’entretien. Ce coût différé, invisible sur les images des retrouvailles, pèsera sur la disponibilité du navire pour les prochaines missions. Comme le rappelle l’article sur l'avenir du Charles de Gaulle, le débat sur son successeur, le futur PA Ng, n’en est que plus urgent.

À bord du Charles de Gaulle : la vie d’un jeune matelot de 20 ans

Le Charles de Gaulle, c’est une ville flottante de 1 800 à 2 000 âmes. Parmi elles, une proportion significative de très jeunes marins, âgés de 18 à 25 ans. Pour eux, cette mission est souvent la première. Ils découvrent la promiscuité des postes d’équipage, le bruit permanent des machines, l’odeur du kérosène mêlée à celle de la mer. Et surtout, ils découvrent l’absence.

L’école de l’aviation embarquée vue par Théo

Théo a 20 ans. Il est second-maître, affecté à l’atelier oxygène de la base d’aéronautique navale de Lann-Bihoué. Embarqué pour la première fois sur le Charles de Gaulle, il raconte son quotidien à Cols Bleus, le magazine officiel de la Marine nationale. « Je n’ai connu le bateau qu’à travers un téléphone, via des photos et vidéos, mais c’est plus parlant aujourd’hui », confie-t-il. Une phrase qui dit tout de l’écart entre l’imaginaire et la réalité.

Théo est un pur produit de la filière Marine. Après un bac pro en partenariat avec la Marine, une préparation militaire Marine, puis l’École de maistrance, il obtient le brevet d’aptitude technique porteur. Son métier : remplir et tester les bouteilles d’oxygène positionnées dans le nez des Hawkeye, ces avions de guet aérien qui ressemblent à des libellules géantes. « Les bouteilles perdent jusqu’à un litre par jour, il faut les entretenir quotidiennement », explique-t-il.

87 jours sans escale : la routine infernale qui ronge le moral

Rudy Huart, 24 ans, avait embarqué sur le Charles de Gaulle en 2001 pour la mission Héraclès, après les attentats du 11 septembre. Il racontait au Parisien les 87 jours consécutifs en mer, un record à l’époque. Aujourd’hui, ce record est dépassé. Mais la routine, elle, reste la même.

Les jours se ressemblent : réveil à 5 heures, quart de 4 heures, repas dans le carré, sommeil quand on peut. Les communications avec la famille sont limitées : connexion satellite parfois capricieuse, temps de parole compté. Le sentiment de répétition s’installe, et avec lui, une forme de lassitude qui ronge le moral. « Les trois dernières semaines ont été assez hard », disait Oriana. C’est ce moment où la fatigue devient pesante, où chaque jour supplémentaire semble une éternité.

La cohésion de l’équipage comme bouée de sauvetage

Mais la réalité du bord dépasse tout ce que Théo avait imaginé. Les journées sont longues, les quarts s’enchaînent, et le sommeil est haché. La cohésion de l’équipage devient une bouée de sauvetage. « Dès le premier jour, les marins du porte-avions ont fait le rapprochement entre mon père et moi », raconte Théo. « Ton nom, je le connais, tu es le fils du maître principal Stéphane ? » Cette question, il l’entend à chaque coin de coursive. Mais elle le rassure aussi : il n’est pas seul.

Santé mentale en mer : quand l’isolement pèse sur les jeunes recrues

La vie à bord d’un porte-avions, c’est un vase clos. 1 800 personnes confinées sur 260 mètres de long, sans possibilité de descendre à terre pendant des semaines, voire des mois. Pour les jeunes recrues, souvent éloignées de leur famille pour la première fois, cette promiscuité forcée peut devenir une épreuve psychologique.

Psychologues, appel, courrier : les dispositifs de soutien à bord

À bord du Charles de Gaulle, un psychologue est présent en permanence. Les marins peuvent le consulter de manière confidentielle, sans passer par la hiérarchie. Des groupes de parole sont organisés, notamment après les périodes les plus intenses. Les aumôniers, toutes confessions confondues, assurent également une présence bienveillante.

Mais le vrai soutien, c’est souvent entre marins qu’il se trouve. La cohésion de l’équipage, les blagues dans les coursives, les soirées à regarder des films dans le carré : ces petits riens créent un tissu social qui protège de l’isolement. Les familles, elles, peuvent compter sur les associations de conjoints de marins, qui organisent des rencontres et maintiennent un lien avec le bord.

Le poids de l’absence sur les jeunes recrues

Oriana le dit sans détour : « Je me suis sentie utile, je me suis engagée pour ça, mais là j’en ai marre. » Cette honnêteté brutale pose une question que la Marine préfère ne pas entendre : les missions prolongées augmentent-elles le turn-over chez les jeunes recrues ?

Le recrutement est un investissement. La Marine forme ses jeunes pendant des mois, voire des années, avant qu’ils ne soient opérationnels. Un départ anticipé, c’est un coût direct. Et les missions longues, comme celle-ci, peuvent faire douter les plus motivés. La fierté d’avoir servi est réelle, mais elle n’efface pas la fatigue, le manque affectif, l’épuisement. Pour certains, cette mission sera la dernière.

L’enjeu de la fidélisation après les missions prolongées

La Marine nationale a pris la mesure du problème. Des dispositifs de soutien existent : cellule psychologique, accès aux messageries, liaison satellite pour les appels. Mais ces outils ont leurs limites. Le temps de connexion est limité, la confidentialité des échanges n’est pas toujours garantie, et rien ne remplace une vraie étreinte.

Les retours d’expérience des missions précédentes montrent que les périodes prolongées en mer augmentent le risque de dépressions et de burn-out chez les jeunes marins. Les témoignages recueillis par Le Parisien lors de la mission Héraclès en 2001 le confirmaient déjà : 87 jours sans escale, c’était un record à l’époque, mais le record est aujourd’hui dépassé. La question de la santé mentale en mer devient un enjeu majeur pour les armées.

Stéphane et Théo, père et fils : la Marine comme héritage

Parmi les 2 000 marins du Charles de Gaulle, il y a Stéphane et Théo. Père et fils. Maître principal pour l’un, second-maître pour l’autre. Trente ans de carrière séparent leurs engagements, mais le même bâtiment les réunit aujourd’hui.

Maître principal Stéphane : « Je sentais qu’il rentrerait dans la Marine »

Stéphane a 48 ans. Après 30 ans de Marine, il est maître principal, patron de dépannage à la flottille 4F. Il planifie les réparations des Hawkeye, ces avions de guet aérien qui veillent sur le groupe aéronaval. Quand il embarque, une contrainte s’ajoute : « Nous devons nous coordonner avec les autres flottilles, les marins du pont d’envol, et le bureau technique aviation pour garantir la disponibilité des aéronefs. »

Son histoire commence près de Lorient, où il voyait depuis son enfance des avions survoler sa maison. « Relier mes deux passions, le voyage et l’aéronautique », c’est pour cela qu’il s’est engagé. Après un BEP mécanique et un bac pro en partenariat avec la Marine, il rejoint Querqueville comme matelot mécanicien d’aéronautique navale. En 2001, il monte sur le Charles de Gaulle. « Ce bateau m’a tout de suite plu. »

Son quotidien est rythmé par les missions et les retours à la maison auprès de ses trois garçons. Mais voir son fils intégrer le même bâtiment que lui, c’est une fierté qu’il ne cache pas. « Je n’ai pas forcé mes enfants à intégrer la Marine, il faut que cela vienne d’eux car cela reste une vocation », explique-t-il. « Mais je sentais qu’il y rentrerait, il m’a toujours posé beaucoup de questions sur mon métier, il était très curieux. »

Une vocation transmise : du bac pro au brevet d’aptitude technique porteur

Théo a suivi le même chemin que son père, mais avec une génération d’avance. Après un bac pro en partenariat avec la Marine, une préparation militaire Marine, puis l’École de maistrance, il passe le brevet d’aptitude technique porteur. Depuis un an, il est affecté à l’atelier oxygène de la base d’aéronautique navale de Lann-Bihoué.

Son métier : remplir et tester les bouteilles d’oxygène des Hawkeye. Un travail minutieux, quotidien, essentiel. « Je suis en renfort sur le Hawkeye, pour remplir et tester les bouteilles d’oxygène positionnées dans le nez de l’avion, qui peuvent servir au pilote pendant un vol », explique-t-il. Théo est le visage du renouvellement des effectifs : très jeune, très formé, passionné. Et il porte sur ses épaules l’avenir de l’aéronautique navale.

Des retrouvailles au sein de l’école de l’aviation embarquée

Leurs retrouvailles à l’école de l’aviation embarquée (EAé) ont été un moment charnière. Pour Stéphane, dont la carrière touche à sa fin, c’est la boucle bouclée. « Il m’a transmis sa passion », ajoute Théo. « Je n’ai connu le bateau qu’à travers un téléphone, via des photos et vidéos, mais c’est plus parlant aujourd’hui. »

À bord, Théo prend l’habitude d’entendre la sempiternelle petite question : « Ton nom, je le connais, tu es le fils du maître principal Stéphane ? » Dès le premier jour, les marins du porte-avions font le rapprochement entre le père et le fils. Cette reconnaissance silencieuse, c’est aussi cela, la transmission dans la Marine.

De TikTok au JT de 20h : pourquoi les retrouvailles sont devenues virales

Les images des retrouvailles ont envahi les réseaux sociaux en quelques heures. Sur TikTok, des vidéos montrant des marins courant vers leurs proches cumulent des millions de vues. Sur X, le hashtag #CharlesDeGaulle est en tendance. Sur Instagram, les comptes officiels de la Marine nationale relaient les moments forts. Même les JT de 20 heures consacrent un sujet à ce retour.

Quand la Marine nationale soigne son image sur les réseaux sociaux

La Marine nationale a investi les réseaux sociaux depuis plusieurs années. Ses comptes Instagram, TikTok et YouTube sont très actifs, avec une mise en avant des « héros ordinaires » : les jeunes marins, les mécaniciens, les pilotes. L’extension de mission a créé un suspense que la communication institutionnelle a entretenu : chaque semaine, des photos et des vidéos montraient la vie à bord, les exercices, les moments de détente.

Le retour est la récompense logique de ce storytelling. Les images des retrouvailles sont authentiques, non scénarisées, et pourtant parfaitement calibrées pour les algorithmes. La Marine nationale ne pouvait pas rêver meilleure publicité pour ses campagnes de recrutement.

Les ressorts émotionnels qui expliquent le succès viral

Pourquoi ces images fonctionnent-elles si bien ? Plusieurs ressorts se combinent. D’abord, le dénouement d’une inquiétude : la mission prolongée en zone de guerre a créé un suspense que le retour dissout. Ensuite, l’esthétique des uniformes et la puissance émotionnelle des retrouvailles, qui rappellent les « homecomings » militaires américains. Enfin, le storytelling de la Marine nationale, qui a compris l’enjeu de communication.

Le parallèle avec le sport et la quête de sens de la génération Z

Ces retrouvailles rappellent les images de sportifs rentrant après une victoire, ou les « homecomings » militaires américains. Mais elles résonnent aussi avec une génération qui vit l’anxiété de séparation : études à l’étranger, familles recomposées, relations à distance. Dans un monde où les liens affectifs sont souvent fragiles, ces larmes collectives deviennent une preuve d’attachement authentique.

Pour la génération Z, qui cherche du sens dans un monde incertain, l’engagement militaire incarne des valeurs fortes : le sacrifice, la solidarité, le dépassement de soi. Les images des retrouvailles du Charles de Gaulle ne sont pas seulement émouvantes : elles racontent une histoire de courage et de loyauté qui parle à tous.

Au-delà des embrassades : le budget, l’usure et l’avenir du Charles de Gaulle

Les images des retrouvailles sont magnifiques. Mais derrière les embrassades et les larmes, il y a une réalité d’ingénierie et de politique publique. Le Charles de Gaulle est un outil de puissance, mais son emploi a un coût. Et ce coût ne se compte pas seulement en euros, mais en fatigue des hommes et en usure des machines.

L’été de maintenance sacrifié : le prix de l’engagement prolongé

Chaque été, le Charles de Gaulle entre en arrêt technique pour une maintenance lourde d’environ trois mois. C’est le moment où les équipes techniques vérifient les catapultes, les brins d’arrêt, les réacteurs, les systèmes de navigation. Sans cette maintenance, le navire perd en disponibilité opérationnelle.

L’extension de mission repousse ce calendrier. L’été 2026 sera consacré à une maintenance d’urgence, dans des délais contraints. Le risque est de décaler les prochains cycles d’entretien, créant un effet de cascade sur les années suivantes. Comme l’analyse Lignes de Défense, le navire est « au bout du rouleau ». Et le débat sur son successeur, le futur PA Ng, n’en est que plus urgent.

Le coût politique et financier d’une mission prolongée

Le groupe aéronaval a été redéployé en urgence, maintenu en zone de guerre pendant des semaines, et ramené à Toulon avec un mois et demi de retard. Ce choix politique, pris au plus haut sommet de l’État, a des conséquences directes sur la disponibilité future du navire. L'accord Iran-USA a permis le retour, mais le Charles de Gaulle paie le prix de cette extension.

Chaque jour supplémentaire en mer coûte cher : carburant, pièces détachées, heures supplémentaires, usure accélérée. Les budgets de la Défense sont contraints, et cette mission prolongée grignote des ressources prévues pour d’autres programmes. Le porte-avions est un outil géopolitique, mais son emploi doit être rationnel.

La prochaine mission se prépare déjà

Pour l’instant, l’heure est au repos. Les marins sont en permission, le navire est à quai. Les familles se retrouvent, les enfants retrouvent leur père, les conjoints retrouvent leur moitié. Les images des retrouvailles tournent en boucle sur les réseaux sociaux, et la France entière partage un moment d’émotion collective.

Mais la prochaine mission se prépare déjà. Le Charles de Gaulle est un outil géopolitique qui tourne en continu. Les prochaines retrouvailles ne sont jamais très loin. Et derrière les sourires, il y a la conscience que l’engagement militaire est un choix de vie, avec ses sacrifices et ses joies. Pour les 2 000 marins du Charles de Gaulle, ce 11 juillet 2026 restera gravé dans les mémoires.

Conclusion

Le retour du Charles de Gaulle à Toulon, ce 11 juillet 2026, restera comme l’un de ces moments où la France se retrouve autour de ses marins. Les images des retrouvailles, des larmes, des sourires fatigués disent quelque chose de l’engagement de ceux qui servent en mer, loin des leurs, parfois au péril de leur vie.

Mais au-delà de l’émotion, cette mission pose des questions durables : comment concilier les exigences géopolitiques avec la préservation du capital humain et matériel ? Comment éviter que les prolongations de mission ne deviennent la norme ? Comment préparer la relève, alors que des jeunes comme Théo prennent le relais de leurs aînés ?

La réponse n’est pas simple. Elle passe par des choix budgétaires, des investissements dans la maintenance, une attention renouvelée à la santé mentale des équipages. Et surtout, elle passe par une reconnaissance durable de ce que ces 2 000 marins ont accompli. Pour eux, pour leurs familles, pour la France.

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Questions fréquentes

Combien de jours a duré la mission du Charles de Gaulle ?

La mission a duré 166 jours, du départ fin janvier jusqu'au retour à Toulon le 11 juillet 2026. Il s'agit de la deuxième mission la plus longue du porte-avions depuis sa mise en service.

Pourquoi la mission du Charles de Gaulle a-t-elle été prolongée ?

La mission a été prolongée en raison de la guerre entre l'Iran, les États-Unis et Israël, qui a bloqué le détroit d'Ormuz. Le groupe aéronaval a été redirigé vers le golfe d'Oman pour des missions de dissuasion et de protection, ce qui a ajouté un mois et demi au calendrier prévu.

Quel est le bilan opérationnel record de cette mission ?

Les pilotes ont réalisé 3 400 catapultages et plus de 5 000 heures de vol. Le groupe aéronaval a également parcouru 6 000 kilomètres en moins d'une semaine pour se redéployer.

Comment la Marine nationale soutient-elle la santé mentale des marins ?

Un psychologue est présent en permanence à bord, des groupes de parole sont organisés, et les aumôniers assurent une présence bienveillante. Cependant, les communications avec les familles restent limitées, et la promiscuité forcée pèse sur les jeunes recrues.

Quelles conséquences l'extension de mission a-t-elle sur le Charles de Gaulle ?

L'extension repousse la maintenance lourde estivale du navire, qui est désormais "au bout du rouleau". L'été 2026 sera consacré à une maintenance d'urgence, ce qui risque de décaler les cycles d'entretien futurs et de réduire la disponibilité opérationnelle.

Sources

  1. 20minutes.fr · 20minutes.fr
  2. bfmtv.com · bfmtv.com
  3. Retrouvailles à bord du porte-avions Charles de Gaulle · colsbleus.defense.gouv.fr
  4. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  5. Les images des retrouvailles émouvantes entre les marins du porte-avions Charles de Gaulle et leurs proches · lefigaro.fr
green-pulse
Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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